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Aux arbres et cætera, 2022

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J’ai voulu voir la mer et puis j’ai peint des arbres...

 

Automne 2020.

Je sortais de la lecture d’une biographie d’Albert Marquet ainsi que de sa correspondance avec Matisse. J’avais accroché près de mon lit une aquarelle de Signac, une marine de St Malo, qui me venait de ma mère, et déniché à L’Isle-sur-la-Sorgue un Lebasque de 1919 du port de l’île d’Yeu.

Les post-impressionnistes avaient su agrémenter mes soirées parisiennes ou provençales, confinées et souvent solitaires, et me faire virtuellement voyager au bord de la mer. Des moments de grâce et de légèreté dans un monde en plein bouleversement et une vie personnelle qui ne l’était pas moins.

 

J’ai choisi mon actualité. J’ai écouté mes yeux. J’ai quitté Paris.

Je suis allé au Pyla avec l’idée de peindre la mer et les bateaux...

 

Mais je sortais d’un autre plongeon. Dans les arbres celui-là.

Ceux légers et pénétrants des études de Claude Lorrain ou de Camille Corot. Ceux plus lointains des « Trente-six vues du Mont Fuji » d’Hokusai.

Arrivé sur le bassin, j’ai préféré les pins qui me tournaient le dos.

 

Je me suis donné comme consigne un « no purpose, repetition, enlightenment » sous inluence Dansaekwha, et me suis laissé dissoudre dans les branches des arbres.

 

Peindre les arbres a ouvert des voies dans mon rapport à la nature, ma pensée, mon travail ; une facture et une relation au papier renouvelées entre les détails et les esquisses, la finesse et les aplats, les clairs et les foncés, les vides et les pleins, le sec et le mouillé, la liberté et les contraintes...

Sont apparus, dans des formats souvent intimes, des troncs sans racines s’élevant vers le ciel en dansant, des forêts mystérieuses animées par les esprits Kamis du Shinto, d’irréguliers ramages d’épines et de feuilles. A l’encre de Chine surtout. Parfois au bleu nuit « Iroshizuku ». Sans oublier quelques rouges « Momiji ».

 

Mes remerciements sincères vont à la galerie Artismagna qui m’a proposé d’exposer ces travaux récents, et à mon cher ami Daniel Meiche, fondateur d’Area, qui m’a accompagné tout au long de la réalisation de mon livre « Aux arbres et cætera ».

 

Je leur en suis très reconnaissant. C’est une belle aventure.

 

Le poète japonais Issa n’allait sous les pruniers qu’avant la floraison et quand on lui demandait pourquoi, il répondait : la fleur est en moi.

Marc Dubrule

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